Brussels Philharmonic | La Première Guerre mondiale en 11 chapitres…

La Première Guerre mondiale en 11 chapitres musicaux

2018 : il y a cent ans, la Première Guerre mondiale prenait fin, laissant dans son sillage un monde désenchanté. Et après ? Comment réagir au chaos, aux populations déracinées, à l’horreur des tranchées ? Avec For The Fallen, le Brussels Philharmonic et le Vlaams Radio Koor invitent la musique à s’exprimer, à panser les plaies d’un monde en déroute lors d’un concert axé sur le drame des guerres d’hier et d’aujourd’hui.

Onze chapitres musicaux

La Première Guerre mondiale a profondément marqué l’histoire de la musique. Les voix de l’innocence, de la destruction et de l’espoir s’expriment clairement dans les œuvres de l’époque. Chez Lili Boulanger et Claude Debussy par exemple, mais aussi dans la musique des compositeurs belges Jeroen D’hoe et Nicolas De Cock. For The Fallen propose onze œuvres sur le thème de la Grande Guerre comme autant de chapitres d’un livre ou de scènes d’un film.

En 1914, Lili Boulanger avait 21 ans. Ignorant la tournure que prendraient les événements, elle a rédigé sa Vieille prière bouddhique, un message de paix et de tolérance adressé à l’humanité. Celui-ci sera vite balayé par le dieu de la guerre, Mars, de Gustav Holsts. Les lieder fleurissent pour encourager les soldats. Claude Debussy a même composé une œuvre pour soutenir les valeureux Belges, qui avaient résisté un temps à la puissante armée allemande. Pour son Drapeau belge, Edward Elgar a collaboré en 1917 avec le poète belge Émile Cammaerts pour composer une musique sur un texte symbolique aux couleurs du drapeau belge :

« Rouge pour le sang des soldats, noir pour les larmes des mères, et jaune pour la lumière et l’ardeur des prochains combats ».


Le compositeur Nicolas De Cock (°1979) rend lui aussi hommage aux courageux soldats et à leurs proches. Son œuvre In Flanders Fields (Au champ d’honneur) s’inspire des mots aujourd’hui légendaires du médecin militaire John McCrae pour nous délivrer un message d’espoir

Quand j’ai composé cette musique, je voulais surtout mettre l’accent sur le chagrin et la solitude, mais aussi sur la combativité.
Nicolas De Cock, compositeur

Commémoration et actualisation

La guerre a hélas toujours existé. Aujourd’hui encore, des hommes et des femmes abandonnent leur foyer pour fuir une violence insensée. En 2017, le compositeur belge Jeroen D’hoe (°1968) a écrit un cycle de chants sur les textes de Stefan Hertmans inspirés par les réfugiés d’hier et d’aujourd’hui. L’œuvre, intitulée Songs for the Crossing, a été présentée en première mondiale à Flagey la saison dernière par le Brussels Philharmonic et le Vlaams Radio Koor.

aftermovie : Songs for the Crossing (2017)

À partir de son livre, Stefan a écrit quatre poèmes dans lesquels il donne littéralement vie à quelques scènes de guerre. Ces textes ont constitué la base des quatre chants de la composition. Mais pendant nos échanges, nous avons aussi discuté de la problématique actuelle de la migration, un sujet que Stefan et moi-même voulions aborder. C’est ainsi que nous sommes arrivés à un diptyque où nous lions la fameuse traversée de l’Yser pendant la guerre et la traversée de la Méditerranée par les migrants aujourd’hui. Nous ne voulions pas faire une chronique “poussiéreuse” : cette œuvre est donc à la fois une commémoration et un thème d’actualité.
Jeroen D’hoe, compositeur