Brussels Philharmonic | Johan Leysen

Johan Leysen

Le Brussels Philharmonic nous propose aujourd’hui la version originale de Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze (Les sept dernières paroles de notre sauveur en croix). L'acteur Johan Leysen a travaillé avec le chef d'orchestre Hervé Niquet sur le texte qu'il prononce pour chaque partie. Le photographe Stef Van Alsenoy apporte son soutien avec ses images magiques, diffusées sur de grands écrans à côté et derrière l'orchestre.

Nous avons été submergés par les chiffres ces derniers mois : patients infectés par le virus, décès recensés... Mais derrière ces chiffres se cache une question insoluble : comment se faire une raison face à la souffrance et à la mort. À travers sa musique, Joseph Haydn nous invite à la méditation et nous aide quelque peu à entamer ce processus...
Johan Leysen, acteur

La première représentation de Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze (Les sept dernières paroles de notre sauveur en croix), en 1787, dut être une expérience tout à fait particulière. Un an plus tôt, le compositeur avait reçu la commande d’un commentaire instrumental sur les dernières paroles du Christ, pour le service du Vendredi saint dans une grotte consacrée à Cadix. L’événement fut décrit ainsi :

"Les murs, les fenêtres et les colonnes de l’église étaient tendus de noir, seule une grande lampe suspendue au centre rompait cette sainte obscurité. À midi on fermait toutes les portes et alors commençait la musique. Après un prélude approprié, l’évêque montait en chaire, prononçait l’une des sept paroles et la commentait. Après quoi il descendait de la chaire et se prosternait devant l’autel. Cet intervalle de temps était rempli par la musique. L’évêque montait en chaire et en descendait une deuxième, une troisième fois, etc., et chaque fois l’orchestre intervenait à la fin du sermon."

L’œuvre fut créée dans un lieu symbolique : la grotte sacrée Santa Cueva, creusée dans la montagne. Pour l’occasion, Haydn écrivit une œuvre intime et presque méditative, qui reflète, même en l’absence de texte, de façon poignante les derniers mots du Christ sur la croix. L’œuvre fit une telle impression qu’elle fut bientôt jouée dans toute l’Europe, et même arrangée, pas toujours par le compositeur lui-même, pour différentes formations.