Bernstein décide d’ajouter un piano solo à sa Deuxième Symphonie, dite The Age of Anxiety, auquel il attribue « un rôle principal pratiquement autobiographique ». Un choix peu commun qui découle de l’identification personnelle de Bernstein au thème du poème, qui se poursuit dans sa musique : de temps à autre, la mélodie semble incarner le texte.

Bernstein décide d’ajouter un piano solo à sa Deuxième Symphonie, dite The Age of Anxiety, auquel il attribue « un rôle principal pratiquement autobiographique ». Un choix peu commun qui découle de l’identification personnelle de Bernstein au thème du poème, qui se poursuit dans sa musique : de temps à autre, la mélodie semble incarner le texte. Bernstein lui-même ne croyait pas en une musique programmatique (la musique ne traite jamais de rien sinon d’elle-même). Il explique que son œuvre ne fait que suivre la forme générale du poème. Ce n’est qu’après avoir achevé sa symphonie que le compositeur découvre le lien programmatique entre le texte et la musique : « les détails… se sont écrits de manière inconsciente et non planifiée. »

Sa Symphonie n° 2 est construite en deux grands mouvements répartis chacun en trois épisodes, à l’instar des six parties du texte d’Auden. Le premier mouvement s’ouvre par un bref Prologue présentant les personnages. Vient ensuite The Seven Ages, qui énonce les sept stades de la vie. Musicalement, il s’agit de sept variations du prologue, qui succèdent chaque fois à la variation précédente. Dans The Seven Stages, les variations huit à quatorze, les personnages sombrent sous les effets de l’alcool dans un état de rêve et se mettent en quête d’un bonheur préhistorique. Le deuxième mouvement commence par le lent chant funèbre The Dirge. Les personnages principaux pleurent la perte de la figure paternelle sur laquelle tout le monde peut compter et qui donne les bons ordres. Cet épisode est inspiré d’une série dodécaphonique. La musique atonale reflète le manque et le creux de la vague émotionnel. Dans The Masque, la femme et l’un des hommes semblent trouver la foi dans un amour naissant (pour se rendre compte ensuite que ces sentiments n’ont été éveillés que par l’alcool). L’orchestre s’efface et le piano joue un morceau de jazz torride. Dans un lent épilogue, les personnages reprennent ensuite leurs esprits et semblent avoir trouvé ce qu’ils cherchaient.

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